Une vue du Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi en réunion stratégique face à l’offensive Rwandaise
Réuni en Conseil restreint avec la première ministre et quelques membres de son gouvernement, le Président Félix Tshisekedi a condamné avec fermeté la nouvelle offensive militaire rwandaise sur le sol congolais, en violation de l’accord de paix signé à Washington. Alors que les FARDC sont maintenues en alerte maximale, le chef de l’État appelle toutes les institutions à la responsabilité, annonce une réunion interinstitutionnelle urgente et convoque un Conseil supérieur de la défense élargi.
La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo franchit un nouveau seuil de gravité. L’offensive militaire attribuée au Rwanda, officiellement condamnée par Kinshasa, intervient dans un contexte déjà extrêmement volatil marqué par la progression des groupes armés, dont le M23, et l’implication persistante de forces étrangères dans la déstabilisation régionale.
L’accord de paix signé à Washington, présenté comme un cadre de désescalade et de réengagement diplomatique, se retrouve ouvertement violé. Cette rupture place la RDC devant un double défi : endiguer l’agression externe et maintenir la cohésion interne face à un contexte qui peut rapidement se transformer en crise nationale.
En convoquant un Conseil restreint, puis un Conseil supérieur de la défense élargi, Tshisekedi envoie un signal clair : l’État se met en ordre de bataille. La mobilisation des institutions, exigée par le chef de l’État, cherche à éviter les défaillances internes qui pourraient ouvrir des brèches supplémentaires dans un moment où la pression sécuritaire est maximale.
Au plan militaire, le maintien en alerte des FARDC illustre la gravité de la menace. Mais cette posture défensive sera insuffisante sans une stratégie régionale cohérente et un front diplomatique solide. Car l’enjeu dépasse largement les frontières congolaises : il met en cause l’équilibre géopolitique des Grands Lacs, les intérêts économiques liés aux minerais stratégiques, et les alliances sécuritaires qui se redessinent autour de Kigali et Kinshasa.
À court terme, la priorité de la RDC sera de consolider ses positions, de sécuriser les populations civiles et de renforcer l’unité nationale. À moyen terme, la question demeure : jusqu’où Kigali est-il prêt à aller ? Et surtout, quelle sera la riposte conjointe de Kinshasa et de ses partenaires internationaux face à une agression désormais assumée ?
Cet épisode marque un tournant. Il confirme que la crise à l’Est n’est plus seulement une insurrection locale, mais un conflit régional ouvert, où chaque décision politique ou militaire influe directement sur la stabilité de tout le pays.
Par Giscard Azenge / E-news.net
