La dissolution de la Commission de Gestion des Fonds de Muanda (CGFM) continue de provoquer une véritable onde de choc sur le littoral congolais. Mise en place à la suite de l’avenant 9 du contrat d’exploitation pétrolière liant l’État congolais à la firme franco-britannique Perenco, la CGFM incarnait l’espoir d’une gestion de proximité des fonds issus de la rétrocession pétrolière, en particulier la cagnotte présidentielle de dix millions de dollars américains destinée au développement de Muanda.

Sa disparition brutale replonge aujourd’hui la cité pétrolière dans une zone d’incertitude profonde, où les attentes populaires vacillent au rythme des décisions institutionnelles.
Face à cette décision aux lourdes conséquences, Muanda n’est pas restée silencieuse.
Une délégation des forces vives de la cité pétrolière a été dépêchée à Kinshasa afin de porter la voix de la population locale et d’exiger des explications claires sur les motivations réelles ayant conduit à la dissolution de la CGFM. Dans la capitale, cette délégation a échangé avec le député national élu de Muanda, l’honorable Robert Niondo Toko, figure politique centrale et relais naturel des préoccupations du territoire au sein de l’Assemblée nationale.
Lorsque la base se déplace jusqu’au centre du pouvoir, c’est que l’inquiétude a dépassé le seuil du silence. Le temps, désormais, presse. Un entretien décisif avec le ministre des Hydrocarbures est prévu aujourd’hui autour de cette dissolution controversée.
Ce rendez-vous est perçu comme un moment de vérité pour Muanda : s’agit-il d’un simple réajustement institutionnel destiné à corriger des dysfonctionnements, ou d’un changement profond dans le schéma de gestion des fonds pétroliers alloués au littoral ? À Kinshasa, Muanda attend des réponses concrètes, pas des discours de circonstance.

Au cœur des tensions, le sort des projets initiés par les animateurs de la CGFM cristallise toutes les inquiétudes. Parmi eux, le projet d’électrification de Muanda, pour lequel des matériaux auraient déjà été acquis, reste suspendu à la décision des autorités. Sur le terrain, les interrogations se multiplient : ces équipements seront-ils effectivement utilisés au profit de la population ?
Réaffectés à d’autres projets ? Ou risquent-ils de se perdre dans les méandres administratifs consécutifs à la dissolution de la commission ? Derrière chaque projet suspendu, il y a une population qui attend des résultats tangibles.
Au-delà des structures et des mécanismes, c’est surtout la destination réelle des fonds qui alimente la tension sociale.
La population locale redoute que les dix millions de dollars américains prévus pour le développement de Muanda ne soient dilués dans d’autres priorités, loin du littoral et de ses besoins urgents en infrastructures, en énergie et en services sociaux de base.
À Muanda, la crainte est grande de voir son pétrole continuer à éclairer ailleurs pendant que la ville demeure dans l’ombre.
La dissolution de la CGFM s’impose désormais comme un véritable test de crédibilité pour les autorités nationales.
Les échanges attendus avec le ministre des Hydrocarbures devront non seulement rassurer et clarifier, mais surtout garantir que les ressources issues du pétrole de Muanda bénéficieront effectivement à Muanda. Ici, la question n’est plus de savoir qui gère, mais bien qui rendra des comptes devant une population de plus en plus vigilante.
Par Giscard AZENGE / E-news.net
