Kisangani le 02 mars 2026 . En pleine vacance parlementaire, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a troqué le repos contre l’offensive institutionnelle. Reçu à l’Assemblée provinciale de la Tshopo par son président Mateus Kanga Londimo, l’élu a déroulé, sans détour, la liste des dossiers qui étranglent la province. Au centre des échanges : des institutions fragilisées par des retards de rétrocession, une crise politique récente qui a ralenti l’action publique, et une administration provinciale contrainte de fonctionner à flux tendu.
Le ton s’est voulu lucide, parfois ferme. Sur la voirie urbaine de Kisangani, Jean Bamanisa réclame transparence et redevabilité : les montants engagés doivent être justifiés, la qualité des travaux évaluée, et les responsabilités clairement établies. Pour lui, moderniser sans contrôle revient à construire sur du sable.
Autre point névralgique : la Route Nationale 4, axe vital pour le désenclavement et la relance économique. Le sénateur plaide pour une accélération des décisions techniques et politiques afin que cette artère stratégique cesse d’être une promesse répétée et devienne enfin un moteur de croissance.
Mais c’est sur le dossier énergétique que la discussion a pris une dimension plus pressante. Près de 50 millions de dollars seraient mobilisables pour la réhabilitation de la centrale de Kisangani, sans que les travaux n’aient réellement démarré. Hydroélectricité modernisée, complément solaire, renforcement du réseau : l’élu défend une approche structurante, capable de transformer la Tshopo en pôle industriel plutôt qu’en simple zone d’extraction.

Au-delà des constats, la rencontre a esquissé une vision : restaurer la coordination entre institutions, accélérer l’exécution des projets et inscrire la province dans une logique de transformation locale des richesses. Plus qu’un échange protocolaire, la discussion aura servi de rappel politique : la Tshopo ne manque ni de ressources ni d’idées, mais d’efficacité dans la mise en œuvre. Et Jean Bamanisa entend peser pour que les dossiers cessent d’étouffer l’avenir provincial.
Par Giscard AZENGE / E-news.net
