Quand la toile blanchit, la justice convoque : Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo au centre d’une contradiction explosive. L’opinion s’interroge. L’IGF a-t-elle réellement innocenté le gouverneur Grâce Bilolo, ou assiste-t-on à une opération de communication au Kongo central ?
Dans une publication attribuée à Monsieur Jules Nsumbu, présenté comme expert proche du gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, enflamme les réseaux sociaux au Kongo Central. Le message affirme que l’Inspection générale des finances (IGF) aurait officiellement remis un rapport innocentant totalement le chef de l’exécutif provincial.

Mais cette version heurte de plein fouet un premier rapport d’audit déjà évoqué dans l’opinion et surtout une procédure judiciaire enclenchée à Kinshasa, où la Cour de cassation a saisi l’Assemblée provinciale pour obtenir l’autorisation d’entendre le gouverneur. Entre bataille de communication et dossier judiciaire, la province retient son souffle. Car l’IGF n’est pas un service ordinaire dans l’architecture institutionnelle congolaise. Rattachée à la Présidence de la République et connue pour ses audits sensibles, l’Inspection générale des finances est considérée comme l’un des principaux instruments de lutte contre la corruption et de surveillance des finances publiques. Ses conclusions ont souvent servi de socle à des enquêtes, des poursuites, ou des décisions administratives majeures.
Or, dans cette affaire, un premier rapport de l’IGF, présenté comme authentique, a déjà été évoqué comme documentant des soupçons graves de détournements et de malversations financières. Ce document, selon plusieurs sources dans l’opinion, aurait constitué une base de travail pour la justice.
C’est précisément là que surgit la contradiction majeure. Si un rapport officiel innocentait totalement le gouverneur, comment expliquer que la Cour de cassation, après examen du dossier, ait transmis un réquisitoire sollicitant l’autorisation de l’Assemblée provinciale du Kongo Central pour entendre Grâce Bilolo ?
Cette démarche judiciaire, lourde de sens, donne à l’affaire une dimension autrement plus sérieuse qu’un simple débat sur Facebook. En réalité, le “contre-rapport” devenu viral ressemble à une pièce nouvelle dans une bataille de communication.
Une tentative de réorientation du récit public, à un moment où la procédure judiciaire est déjà en marche. Pour certains observateurs, il s’agirait d’une opération visant à créer une confusion calculée : noyer l’opinion sous une version alternative afin de fragiliser l’impact du rapport initial et de décrédibiliser la pression judiciaire.
Par Giscard Azenge / E-news.net
