Arrivé au terme de son mandat diplomatique en République démocratique du Congo, l’ambassadeur de l’Union européenne, Nicolas Berlanga Martinez, a fait ses adieux au Président Félix Tshisekedi lors d’une audience à la Cité de l’Union africaine. Revenant sur la crise sécuritaire dans l’Est, il a affirmé que « la communauté internationale est derrière la RDC » et que « le Rwanda a de moins en moins d’excuses », appelant le garant de l’accord de Washington à s’imposer pour assurer son respect.
Les propos de Nicolas Berlanga, au moment où il quitte Kinshasa après deux années intenses, résonnent comme un message diplomatique lourd de sens. En pointant la responsabilité du Rwanda, tout en soulignant l’importance du respect de l’accord de Washington, il situe clairement le conflit de l’Est dans un cadre où Kigali ne peut plus se prévaloir d’arguments diplomatiques ou sécuritaires pour justifier ses opérations.
Cette déclaration intervient à un moment de forte tension : les offensives armées se multiplient, provoquant des déplacements massifs de civils et une dégradation préoccupante de la situation humanitaire. Pour Kinshasa, le soutien affiché par l’Union européenne est un signal important. Il conforte la légitimité des positions congolaises et renforce la nécessité d’une action internationale concertée.

L’appel de Berlanga au « garant » de l’accord de Washington – que beaucoup interprètent comme une référence directe aux États-Unis – met en lumière un point crucial : la stabilité régionale dépend désormais de la capacité de la diplomatie internationale à contraindre Kigali au respect de ses engagements. Car l’accord, censé instaurer une désescalade progressive, se retrouve aujourd’hui sérieusement compromis par la poursuite des attaques sur le terrain.
Pour la RDC, cette posture européenne constitue un levier stratégique. Elle permet à Kinshasa d’élargir sa marge d’action, tant dans les discussions bilatérales que dans les mécanismes multilatéraux. Toutefois, l’efficacité de cette dynamique dépendra de la cohésion des partenaires internationaux et de leur volonté d’aller au-delà des déclarations symboliques.
L’Est du pays reste un théâtre d’affrontements où se superposent intérêts économiques, rivalités géopolitiques et enjeux transfrontaliers. La voix de l’Union européenne, via Berlanga, rappelle que la résolution de cette crise ne peut plus être abandonnée aux seuls acteurs militaires : elle exige un engagement politique ferme, une pression diplomatique constante et une coordination internationale renforcée.
