Dans le territoire de Seke-Banza, la tension monte parmi les cantonniers affectés à l’entretien de la route Seke Benza – Kinzau-Mvuete. Leur rémunération journalière a été soudainement réduite de moitié, passant de 12 000 FC au lancement des travaux à seulement 6 000 FC aujourd’hui, plongeant des dizaines de travailleurs dans la frustration et l’incompréhension. Ces hommes, qui assurent pourtant la sécurité d’un axe vital pour l’économie locale, dénoncent une décision inattendue qu’ils qualifient d’injuste et déstabilisante , alors même qu’ils œuvrent quotidiennement dans des conditions éprouvantes.
Dans cette crise silencieuse mais profonde, les cantonniers affirment ne plus comprendre l’attitude de leurs responsables. Habitués à affronter chaleur, poussière, outils rudimentaires et longues distances, ils disent se sentir abandonnés, oubliés et minimisés. « Nous nous sentons abandonnés et incompris », confient-ils, la voix lourde d’amertume. « Nous avons accepté ce travail difficile parce qu’il nous permettait au moins de subvenir à nos besoins. Aujourd’hui, on nous réduit au silence et à la précarité. »
Pour ces travailleurs, cette baisse drastique n’est pas seulement un problème financier : elle représente un manque de considération flagrant. La route Seke Benza – Kinzau-Mvuete est pourtant l’un des axes les plus importants du territoire, essentiel au transport des personnes, des marchandises et à la fluidité des activités économiques. Sa maintenance quotidienne repose sur ces cantonniers, souvent invisibles mais indispensables, qui regrettent d’être perçus comme de simples variables d’ajustement plutôt que comme des acteurs clés du développement. « Nous prenons soin d’une route qui fait vivre des centaines de familles. Mais qui prend soin de nous ? », s’interrogent-ils, déçus.
Face à cette situation qu’ils jugent alarmante, les cantonniers lancent un appel pressant aux responsables du projet, aux autorités provinciales et à tous les partenaires impliqués dans la gestion de ce tronçon stratégique. Ils réclament un réajustement immédiat et équitable de leur rémunération, afin de préserver non seulement la stabilité sociale des équipes, mais aussi la continuité normale des travaux. Car au-delà du salaire, c’est la pérennité même de l’entretien de cette route vitale qui se trouve menacée.
« Nous ne voulons pas arrêter le travail. Nous voulons simplement être traités avec dignité », concluent ils, dans un appel empreint à la fois de résilience et d’urgence.
