Une vue de la ville de Boma sous les eaux
Le bourgmestre de la commune de Nzadi, Bobette Bayakisa, s’est immédiatement rendue dans les quartiers sinistrés pour évaluer l’ampleur des dégâts humains et matériels. Sur le terrain, elle a constaté la désolation : maisons inondées, familles sans abri, routes impraticables et infrastructures fragilisées. À l’hôpital central de Boma, elle a rencontré le seul survivant identifié de l’effondrement du pont-ville, ainsi que d’autres victimes hospitalisées, notamment celles admises pour des piqûres d’abeilles après le déplacement brutal des essaims provoqué par la montée soudaine des eaux.
Mais au-delà des scènes de détresse, le bourgmestre tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Jusqu’à quand, se demande-t-elle, l’État laissera-t-il Boma affronter seule les colères récurrentes de la Kalamu ? La rivière déborde à chaque pluie intense, un phénomène connu et documenté depuis des années.
Le pont-ville, quant à lui, était vétuste et signalé à maintes reprises comme dangereux. Habitants, autorités locales, ingénieurs et experts ont lancé des alertes répétées. Pourtant, rien n’a été fait. Aucun curage systématique de la rivière. Aucune réhabilitation des infrastructures menaçantes. Aucune politique de prévention digne de ce nom. Et aujourd’hui, c’est le chaos, les morts et les disparus qui rappellent, une fois de plus, la négligence des instances nationales.
Pour le bourgmestre, comme pour la population traumatisée, le temps des rapports qui dorment dans les tiroirs et des promesses sans suite est révolu. Le drame de Boma doit constituer un signal fort, un appel pressant au gouvernement central. Le ministre des Infrastructures et Travaux Publics est directement interpellé.
Il devient impératif de curer d’urgence la rivière Kalamu, dont l’envasement chronique amplifie chaque crue, mais aussi de reconstruire le pont-ville selon des normes modernes et sécurisées. Un programme spécial d’assainissement et de protection contre les inondations doit être lancé sans délai, accompagné d’un audit national sur la vulnérabilité des ponts et routes exposés aux intempéries, particulièrement dans les zones à risque. Les familles sinistrées, désormais sans abri, doivent également bénéficier d’un accompagnement humain et matériel immédiat.
Boma ne peut plus être cette ville laissée à elle-même, condamnée à compter ses morts à chaque saison des pluies. Les habitants refusent de vivre dans la peur d’une nouvelle crue et d’un nouveau drame. Il est temps que l’État assume pleinement ses responsabilités, avant que d’autres vies ne soient à nouveau sacrifiées à l’indifférence et à l’inaction.
