Kisangani : Un juriste du barreau de la Tshopo vient de lancer un pavé dans la mare politico-institutionnelle congolaise. Dans un mémorandum adressé lundi au Président Félix Tshisekedi et consulté par E-news, Maître Lumpempe Kangamina propose ni plus ni moins que l’organisation d’un référendum national pour décider du transfert de la capitale de la République démocratique du Congo, de Kinshasa vers Kisangani.
Dans sa correspondance, l’avocat invoque « une proposition d’intérêt national » justifiée selon lui par des arguments constitutionnels, politiques, juridiques et stratégiques. Il soutient que le moment est venu pour le pays de « réexaminer de manière responsable » la localisation de son centre de gravité institutionnel.
« La capitale peut évoluer avec l’État »
Pour Me Lumpempe Kangamina, la Constitution congolaise n’enferme pas le pays dans un immobilisme géopolitique. Au contraire, insiste-t-il, « la localisation de la capitale n’est pas figée : elle peut évoluer pour répondre aux exigences de bonne gouvernance, de sécurité et d’efficacité administrative ».
Selon son argumentaire, maintenir la capitale exclusivement à Kinshasa contribuerait à aggraver les déséquilibres territoriaux, en concentrant pouvoirs, investissements et opportunités dans un seul pôle, au détriment de l’équité nationale. L’avocat affirme que cet état de fait « s’oppose à l’esprit de la Constitution en matière d’équité territoriale ».
Kisangani, une option stratégique ?
L’avocat présente ensuite Kisangani comme une ville répondant, selon lui, aux critères d’une capitale moderne. Il met en avant : sa position géographique centrale,
sa résilience environnementale, sa résilience environnementale, ses capacités d’aménagement, et ses infrastructures fluviales, routières et aériennes.
Pour fonder juridiquement sa proposition, il cite les articles 58 et 59 de la Constitution, rappelant que l’État a l’obligation de redistribuer équitablement les richesses nationales et de garantir le droit au développement à l’ensemble des provinces. Dans cette logique, il estime que « le maintien exclusif de la capitale à Kinshasa accentue les déséquilibres et se trouve en contradiction avec la Constitution ».
Un référendum pour une décision « historique »
Me Lumpempe Kangamina demande au Chef de l’État de recourir à l’instrument du référendum national, afin de donner à une telle décision « la légitimité démocratique qu’exige un choix aussi structurant pour l’avenir du pays ».
Selon lui, seul un vote populaire permettrait de trancher « en toute souveraineté » un débat qui, de l’avis de plusieurs analystes, pourrait profondément remodeler la configuration politique, administrative et stratégique de la RDC.
